Chapitre 2: Vers le Baroque

Du Moyen-Age à l’Epoque Baroque

La naissance de l’Opéra s’est faite avec « l’Euridice » de Peri représentée en 1600 et celle de Caccini en 1602. Dans un état encore rudimentaire, ces œuvres ouvrent la voie à celle qui sera le fondement de cette synthèse de la musique et du théâtre qu’est « l’Orfeo » de Monteverdi.

 

Claudio Monteverdi

claudiomonteverdiNé à Crémone en 1567, il commença à travailler avec le maitre de chapelle Marco Antonio Ingegneri comme chanteur et violoniste à la cour de Mantoue, puis devint chef d’orchestre. Il entra au service du duc de Mantoue qu’il accompagna en Hongrie vers 1595, puis dans les Flandres en 1599 avec une cantatrice qu’il avait épousée, Claudia Cattaneo. Après avoir dirigé la chapelle du duc de Mantoue, il devint maitre de chapelle à Venise où il devait rester jusqu’à sa mort en 1643. Il avait été ordonné prêtre quelques années plus tôt, en 1632.

Son œuvre est à l’origine de toute la musique moderne. En ce sens, il a été le premier musicien révolutionnaire .Avec Monteverdi est né l’individu en musique. Elle est riche, complexe et variée dans sa forme avec la multiplication des différentes parties et l’enrichissement de l’accompagnement orchestral, ce qui renforce l’effet dramatique. En 1607, il composa son premier opéra « l’Orfeo » qui débute par une introduction orchestrale puissante, en forme de fanfare avec trompettes et trombones qui accompagnent les cordes de l’orchestre. Au cours de l’œuvre, on peut entendre une succession d’airs et de chœurs qui annoncent déjà l’opéra du futur. On y retrouve, comme dit Westrup dans « The Heritage of music » la « subtilité rythmique de la chanson française, la polyphonie traditionnelle du motet et du madrigal. » Avec lui « on a commencé à réfléchir sur l’articulation entre un texte forcément poétique et son ajustement avec une musique appropriée » (X.Lacavalerie).

Dans les « Vespri della Beata Vergine » composé en 1610, Monteverdi créa une œuvre sacrée qui annonce déjà « le Messie » de Haendel ou « la Passion selon Saint Matthieu » de Bach avec cet accompagnement orchestral qui accentue le caractère dramatique des différents passages. La « Selva morale e spirituale » contient l’essentiel de sa musique sacrée.

De ses autres opéras, sont bien connus le « lamento d’Arianna » extrait de l’Arianna composé en 1608, « Il ritorno d’Ulisse in patria » composé en 1640 et son dernier et peut-être le plus important « l’Incoronazione di Poppea » composé en 1642 qui comporte, à coté des scènes dramatiques, quelques scènes empreintes de comédie et où la musique traduit bien les sentiments des personnages, l’amour, la jalousie, la colère. Dans ses madrigaux, on peut distinguer « Il ballo delle ingrate » composé en 1608 sur un modèle de ballet de cour français et « Il combattimento di Tancredi e di Clorinda » inspiré de  » La Jérusalem délivrée » du Tasso qu’on peut rapprocher d’une scène d’opéra et dans lequel les effets de « suspense » sont traduits pour la première fois en musique par l’utilisation du tremolo dans l’accompagnement orchestral.

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Heinrich Schutz

heinrichschutzbyrembrandtNé à Kostritz en 1585, il est considéré comme étant le plus grand musicien allemand avant Jean Sébastien Bach. Il séjourna à Venise où il fut l’élève de Giovanni Gabrieli entre 1609 et 1612. En 1617, il devint maitre de chapelle à Dresde, puis partit au Danemark pour fuir la guerre de Trente Ans. Il y travailla à la cour du roi jusqu’en 1628 et retourna à Venise pour travailler durant une année avec Monteverdi. Puis il repartit s’installer à Dresde où il mourut en 1672.

Son œuvre comprend des madrigaux italiens composés en 1611, lors de son premier séjour en Italie, des « Psaumes de David », des « Cantiones Sacrae » des « Symphonie Sacrae » composées entre 1629 et 1650, un « Oratorio de Noel » composé en 1664, trois Passions du Christ composées entre 1664 et 1668 et un « Magnificat ». Il opéra une synthèse entre la musique italienne et la musique allemande naissante de l’époque de Luther, évoluant ainsi du style lumineux monteverdien vers plus d’austérité et de majesté. Comme le dit L. Rebatet dans son Histoire de la musique, à propos des chefs d’œuvre de Schutz que sont ses « Symphonie Sacrae » et ses « Douze chants spirituels » bien que l’on sente chez ce musicien l’influence de Gabrieli, « les trombones retentissent avec cette solennité héraldique qui sera jusqu’à nos jours, une des couleurs de la musique allemande ».

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Girolamo Frescobaldi

girolamofrescobaldiCompositeur italien né à Ferrare en 1583 et mort à Rome en 1643, fut le principal maitre du clavecin et de l’orgue en Italie et son influence s’étendit dans toute l’Europe musicale et notamment par l’intermédiaire de son disciple allemand Froberger, jusqu’à Jean Sébastien Bach.

Son œuvre comprend des toccatas, des partitas, des madrigaux et des motets. Son style se caractérise par une grande invention mélodique, des ruptures de rythme et même parfois, de la dissonance.

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Giacomo Carissimi

giacomocarissimiNé à Marini, près de Rome en 1605, après un séjour à Assise, devint maitre de chapelle à l’église du Collegio Germanico de Rome de 1629 jusqu’à sa mort.

Il eut pour élèves Marc Antoine Charpentier et Alessandro Scarlatti.

Il fut l’un des premiers à utiliser dans les églises, l’accompagnement instrumental des cantates, parmi lesquelles on peut citer « Le sacrifice de Jephté » et le « Jugement de Salomon ».

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Johann Jakob Froberger

Né à Stuttgart en 1616, ce compositeur allemand y fit ses études puis partit à Vienne au service de l’empereur d’Autriche Ferdinand III, qui l’envoya se perfectionner en Italie auprès de G. Frescobaldi, organiste de Saint Pierre de Rome. De religion luthérienne, il se convertit au catholicisme. Il fréquenta sans doute aussi G. Carissimi. Il mourut à Montbéliard, dépendance du Wurtemberg, en 1607. Il composa des œuvres pour orgue, dans un style proche de Frescobaldi et des suites et toccatas pour clavecin. Outre ses contacts avec la musique italienne, il en eut aussi avec les traditions musicales française, germanique, néerlandaise et anglaise.

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Jean-Baptiste Lully

jeanbaptistelullyNé à Florence en 1632, ce compositeur français d’origine italienne vint en France en 1646 au service de la duchesse de Montpensier qui voulait se perfectionner dans la langue italienne. Il étudia la musique et la danse et fit la connaissance du roi Louis XIV dont il devint le compositeur attitré et le surintendant de la musique royale en 1653. Naturalisé français en 1661, il se maria et eut six enfants dont trois devinrent musiciens.

En 1664, il travailla avec Molière et créa ainsi le genre de la comédie-ballet pour des pièces comme « L’amour médecin », « Georges Dandin » ou « Le Bourgeois Gentilhomme » avec sa célèbre turquerie. On peut aussi le considérer comme le créateur de l’Opéra français avec « Thésée » et « Athys » composés entre 1675 et 1676, « Phaéton » en 1683 et sans doute le plus connu « Armide » en 1686.Il composa aussi de la musique religieuse, notamment 20 grands motets, 11 petits motets et un « Te Deum ». Il mourut en 1687. Sa musique a un caractère plutôt léger et rend bien l’atmosphère des ballets de cour. Elle n’exprime pas vraiment la passion, même dans les situations les plus pathétiques. Cependant avec lui, l’instrumentation s’est enrichie. Il joua donc un rôle important dans l’orchestration et contribua ainsi au développement de l’orchestre moderne.

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Marc-Antoine Charpentier

macharpentierNé à Paris en 1643, il se rendit en Italie pour étudier la peinture, mais sous l’influence de Carissimi, il fit des études de musique à Rome. En 1672, Molière, brouillé avec Lully, lui demanda de composer des scènes chantées pour « Le malade imaginaire ». A partir de 1688, il fut employé par les Jésuites et devint maitre de musique au collège Louis le Grand, puis de l’église Saint Louis.

En 1698, il fut nommé maitre de musique des enfants de la Sainte Chapelle. C’est à cette époque qu’il composa ses œuvres sacrées: Oratorios, Messes, Psaumes, un Magnificat et son fameux « Te Deum ». Il composa des « Noëls pour instruments » et des opéras. Il mourut en 1704.

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Dietrich Buxtehude

dieterichbuxtehudeNé en 1637 dans le Holstein, région frontalière entre l’Allemagne et le Danemark, après avoir travaillé à Helsinborg et Elseneur, il s’installa à Lubeck. Il épousa la fille du titulaire de l’église Marienkirche et il succéda à son beau-père à ce poste.

En 1673, il inaugura les « Abendmusiken » ou concerts du soir qui attirèrent des jeunes musiciens tels que Nikolaus Bruhns, Georg-Friedrich Haendel et Jean-Sébastien Bach qui vinrent jusqu’à Lubeck pour rencontrer le plus grand organiste de leur temps. Buxtehude mourut vers 1707.

Son œuvre d’orgue considérable, surpasse celle de tous ses contemporains et annonce celle de Jean-Sébastien Bach. Elle se distingue par sa complexité, son caractère grandiose, l’invention mélodique et rythmique et la richesse du contrepoint. En plus de ses œuvres pour orgue, il composa des cantates en allemand et en latin, une messe brève et des oratorios.


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3 Responses to “Chapitre 2: Vers le Baroque”

  1. Françoise (40) 9 novembre 2010 at 22 h 30 min # Répondre

    Bonsoir cher Roberto,
    La merveilleuse interprétation de Philippe Jarousski du « Couronnement de Poppée » m’a donné envie de relire ce que vous avez écrit. C’est chose faite et j’en suis heureuse. Merci Roberto. Je vous embrasse ainsi q’Aline.
    Françoise

  2. Livadiotti Roberto 10 novembre 2010 at 9 h 14 min # Répondre

    Chère Françoise,
    Bien que j’aie écouté l’émission de Philippe Jarousski,j’ai manqué son interprétation du « Couronnement de Poppée ».J’en ai parlé assez brièvement dans mon « Histoire de la musique » car je connais assez peu cette oeuvre bien qu’ayant assisté à une interprétation de cet opera au Festival de Baalbeck,au Liban dans les années 60,car j’avais eu des billets gratuits,ayant participé à la traduction du livret.Je vous embrasse.
    Roberto

  3. Françoise (40) 10 novembre 2010 at 11 h 53 min # Répondre

    Merci de m’accorder de votre temps. C’est très gentil. Bonne journée.

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