Chapitre 24: XXe Siècle Suite

Le XXe Siècle – Suite

En Italie

Ildebrando Pizzetti (1880-1968), né à Parme, fils d’un pianiste, il étudia au Conservatoire de sa ville dès 1895, puis enseigna la musique au Conservatoire de Florence qu’il dirigea de 1917 à 1923. Après avoir dirigé aussi le Conservatoire de Milan, il devint professeur de composition à l’Académie Sainte Cécile de Rome. En 1954, il composa un opéra inspiré d’un roman de Gabriele d’Annunzio « La figlia di Jorio ». Il est aussi l’auteur de « L’assassinio nella cattedrale » (Meurtre dans la cathédrale) inspiré du livre de Thomas Eliot et d’un concerto pour violon composé en 1944.

Gian Francesco Malipiero (1882-1973) né à Venise, fit ses études musicales dans sa ville, puis à Vienne. Il se rendit ensuite à Paris en 1913, où il découvrit la musique de Debussy, Ravel et Stravinsky, mais il revint vers plus de classicisme, avec un penchant plus marqué pour les maitres de la Renaissance. Il fut professeur de composition au Conservatoire de Parme, de 1921 à 1924, puis au Liceo Musicale de Venise. Il a composé 9 symphonies, 4 concertos pour piano, de la musique de chambre, des opéras, mais ses œuvres les plus connues sont les poèmes symphoniques « Impressioni dal vero » (Impressions d’après nature) et « Pause del silenzio », œuvres de jeunesse où l’influence de Debussy est notable.

Alfredo Casella (1883-1947) né à Turin dans une famille de musiciens, entra au Conservatoire de Paris en 1896 où il étudia la composition avec Gabriel Fauré et fut en contact avec Debussy, Stravinsky, Mahler et Richard Strauss. De retour en Italie durant la première guerre mondiale, il enseigna le piano à l’Académie Sainte Cécile de Rome. En 1924, il composa une suite symphonique « La Giara » d’après Luigi Pirandello. Il eut un rôle important dans la diffusion des œuvres de Vivaldi et fonda l’Institut italien Antonio Vivaldi. Une autre œuvre importante de Casella est la « Notte di Maggio » (Nuit de mai) pour voix et orchestre. Il a aussi composé trois symphonies, diverses pièces orchestrales et de la musique de chambre.

Giuseppe Martucci (1856-1909) compositeur et chef d’orchestre né à Capoue, fut l’un des principaux artisans de l’introduction des opéras de Wagner en Italie et dirigea entre autres, des œuvres de Brahms, Liszt, d’Indy… Sa musique est influencée par Brahms et Schumann. Il est l’auteur de deux symphonies, deux concertos pour piano, d’une sérénade pour piano et orchestre et l’une de ses œuvres les plus connues est « La Canzone dei ricordi ». Sa place est sans doute plutôt parmi les derniers romantiques.

En Allemagne

 

Paul Hindemith

paulhindemithNé à Hanau, près de Francfort-sur-le-Main en 1895, il étudia le violon et joua dans l’orchestre de Francfort, à partir de 1915. Cette même année, eut lieu l’exécution de son premier quatuor à cordes et l’année suivante, la première de son concerto en mi bémol majeur pour violoncelle et orchestre. Le troisième quatuor à cordes op.16, composé en 1921, diffère déjà de ses œuvres précédentes par son caractère plus moderne et dans sa « Kammermusik N.1″, il inséra des rythmes de danses entendues dans les boites de nuit berlinoises. En 1924, il épousa la fille du « Kapellmeister » du Théâtre de Francfort. Jusqu’à 1929, il composa sept autres Kammermusik et un opéra « Cardillac ». L’année suivante eut lieu à Hambourg, la première de sa « Konzertmusik pour alto et orchestre », sous la direction de Wilhelm Furtwaengler, dans laquelle Hindemith jouait de l’alto. A l’avènement du nazisme, sa musique ayant été qualifiée de « dégénérée », il émigra en Suisse, où eut lieu la première de son opéra « Mathis der Maler » et en 1940, il partit aux Etats-Unis. Au cours de son séjour, il composa des concertos pour piano, violoncelle, clarinette et pour cor et une symphonie « Die Harmonie der Welt ». Entre 1948 et 1953, après de nombreux voyages en Europe et des tournées de concerts en Italie, en Autriche et en Suisse, il revint à Francfort où il mourut en 1963.

Œuvres: « Mathis der Maler » basé sur la vie du peintre Mathias Grunewald, a fait l’objet d’un opéra et d’une œuvre symphonique reprenant les thèmes de l’opéra et qui comprend trois mouvements (Concert angélique, mise au tombeau et tentation de Saint Antoine). L’opéra raconte la Révolte des paysans et le soutien du peintre Grunewald, auteur du Rétable d’Issenheim, à cette révolte.

L’opéra « Die Harmonie der Welt » est basé sur la vie du savant Johannes Kepler. Une symphonie a également été composée sur les thèmes de cet opéra. On peut citer aussi les huit « Kammermusik » ou « Konzetmusik » pour piano, violon, alto ou violoncelle et orchestre de chambre écrits entre 1923 et 1930.

Autres Compositeurs

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Carl Orff (1895-1982)

carlorffNé et mort à Munich, fils de musiciens, entra en 1912 à l’Académie de musique de sa ville et devint chef d’orchestre. Il se maria en 1920 et eut une fille. Il se passionna pour la musique de la Renaissance italienne, particulièrement pour Monteverdi.

En 1937, il composa son œuvre la plus célèbre « Carmina Burana » inspirée de poèmes du Moyen-Age et en 1943, les « Catulli Carmina ».

« Carmina Burana » est une cantate scénique de chansons profanes pour voix et chœurs qui contient des motifs simples et accessibles, sans développements ni complexités harmoniques et rythmiques. Intéressé par Schoenberg et Richard Strauss, il n’éprouva jamais d’attrait pour la musique atonale.

Kurt Weill (1900-1950), né dans une famille juive de Dessau, fut considéré par les nazis comme un musicien « dégénéré » et dut quitter l’Allemagne en 1933, après avoir composé son œuvre la plus connue « L’opéra de quatre sous« . Il passa deux ans à Paris et partit aux Etats-Unis en 1935. Là, il composa des œuvres pour la scène américaine et le cinéma, comme « Lady in the Dark » et « One touch of Venus ». Une de ses dernières œuvres « Street Scene » est une synthèse entre l’opéra européen (influence de Puccini) et la comédie musicale américaine.

En Suisse

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Arthur Honegger

arthurhoneggerBien que né au Havre en 1892, il conserva toute sa vie la nationalité suisse. Après avoir étudié au Conservatoire de Zurich, il s’inscrivit au Conservatoire de Paris en 1911, où il rencontra Darius Milhaud et fut l’élève de Charles-Marie Widor et de Vincent d’Indy. En 1918, il composa un poème symphonique « Le chant de Nigamon » et trois ans plus tard, une de ses œuvres majeures, l’oratorio « Le Roi David » qui marie le contrepoint classique avec le modernisme stravinskien. En 1923, parut son œuvre la plus célèbre « Pacific 231″ qui reproduit le bruit d’une locomotive à vapeur, en marche. En 1935, il composa un autre oratorio célèbre « Jeanne d’Arc au bucher » sur un livret de Paul Claudel. De ses cinq symphonies, on retiendra la 2e pour cordes et trompette, qui traduit ses sentiments par rapport à l’occupation nazie et la 3e symphonie, dite « Liturgique ». En 1953, il devint membre de l’Académie, professeur à l’Ecole Normale de musique de Paris et fit partie du « Groupe des Six ». Il mourut à Paris en 1955. Sa musique est marquée par la double influence germanique de Bach et Beethoven et française de Debussy.

En Russie

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Igor Stravinsky

igorstravinskyIl naquit en 1882 à Oranienbaum près de Saint-Petersbourg, d’un père chanteur basse à l’Opéra Impérial et d’une mère pianiste. Il fit des études classiques, tout en s’initiant à la musique et au piano. En 1903, il prit des leçons de musique et d’orchestration avec Rimsky-Korsakov. En 1908, il composa « Feu d’artifice » qui attira l’attention de Diaghilev. Ce dernier lui commanda alors un ballet « L’oiseau de feu » dont la première représentation eut lieu à Paris, au Théâtre du Chatelet en 1910 et remporta un grand succès. Un second ballet, « Petrouchka », créé l’année suivante, marqua une rupture nette avec le style post-romantique proche de Rimsky-Korsakov et de l’œuvre précédente. En 1913, fut représenté le « Sacre du printemps » au Théâtre des Champs-Elysées. Ce fut un scandale et la représentation déclencha une bataille entre partisans et adversaires de cette musique.

Parti en Suisse pour un séjour au bord du Lac Léman, en 1914, Stravinsky y demeura pendant toute la durée de la première guerre mondiale. Au cours de ce séjour, il composa « Les Noces » et « L’Histoire du soldat », musique de scène pour trois récitants et sept instrumentistes. En 1920, il opéra un retour vers le classicisme avec « Pulcinella », ballet composé sur des thèmes inspirés principalement de Pergolese. Après un séjour de trois ans à Biarritz, Stravinsky s’installa avec sa famille à Nice, en 1924. Durant ce séjour, il composa d’autres œuvres importantes « La symphonie des psaumes »(1929), une « Messe »(1948), l’opéra-oratorio « Oedipus Rex », le ballet « Apollon musagète » en 1928 et un opéra « The Rake’s progress » (1948). Il mourut en 1971 à New-York, où il s’était rendu pour présenter cette œuvre.

L’œuvre: « L’Oiseau de Feu » est une musique de ballet qui se rapproche des plus grands genres musicaux, par sa solide construction symphonique. Il a été qualifié de chef d’œuvre de l’impressionisme slave, du fait qu’il doit son inspiration, à la fois à l’école impressionniste française et à Rimsky-Korsakov.

« Petrouchka » est aussi un ballet qui décrit une réunion populaire à l’occasion d’une fête de mardi-gras. L’orchestration est riche en rythmes, contrastes et en effets nouveaux. Trompettes, trombones, flutes, hautbois, ressortent de l’ensemble. Il y a aussi un emploi de rengaines populaires.

Le « Sacre du printemps » est une des œuvres les plus importantes de la musique contemporaine qui va au-delà de l’impressionisme avec ses dissonances très marquées, sa polytonalité et la rupture totale avec le romantisme par son absence de mélodie, l’utilisation de fragments de thèmes et ses brusques changements de rythme.

Les « Noces » est une œuvre composée de quatre tableaux, dont l’orchestration a été conçue pour quatre pianos et des instruments à percussion, où, comme dit Lucien Rebatet survient « une cascade, une chaine de mélodies innombrables, se nouant, s’entrecroisant… »

« L’Histoire du soldat » est une musique de scène écrite sur un texte de Ramuz pour trois chanteurs (le soldat, la princesse et le diable) et sept instrumentistes, d’inspiration « faustienne » avec de courtes pièces, dont certaines sont inspirées de danses comme le tango, la valse et le ragtime. Avec « Pulcinella », musique de ballet avec chant inspirée de Pergolese, Stravinsky fait un retour vers le néo-classicisme.

La « Symphonie des psaumes » pour chœur mixte et orchestre, comprend les paroles de trois psaumes bibliques et fait partie de cette période néo-classique, qui s’achèvera en 1951 avec son opéra « The Rake’s progress ».

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Serge Prokofiev

sergeprokofievNé en 1891 à Sontsovka, en Ukraine, d’un père ingénieur agronome et d’une mère pianiste, qui fut son premier professeur de piano, il composait déjà des opéras à l’âge de neuf ans. Après avoir étudié au Conservatoire de Saint-Petersbourg et pris des cours d’orchestration avec Rimsky-Korsakov, il écrivit son premier concerto pour piano en 1911. Trois ans plus tard, il remporta le premier prix du concours de piano Rubinstein. Epargné par la mobilisation dans l’armée, comme étant fils unique d’une veuve, il partit aux Etats-Unis en 1918 et l’année suivante, il composait son opéra « L’amour des trois oranges » qui fut représenté en 1921 à Chicago. Deux ans plus tard, il s’installa à Paris où les Ballets russes de Diaghilev montèrent quelques-unes de ses œuvres, dont « Le Fils prodigue ». Ses compatriotes l’ayant réclamé, il rentra en Russie en 1932. Il composa la musique pour les films « Alexandre Nevsky » et « Ivan le Terrible » de Eisenstein (1938-1942). Il composa aussi ses quatre dernières symphonies, les trois suites symphoniques pour « Cendrillon » et des œuvres de musique de chambre. Il mourut à Moscou en 1953.

Dans son œuvre, Prokofiev est classique dans la forme et clair dans les thèmes utilisés. La 1e symphonie dite « classique » est inspirée de Haydn, père de la symphonie classique, la 2e comporte des dissonances, la 3e et la 4e utilisent des thèmes tirés respectivement de son « Ange bleu » et du ballet « Le Fils prodigue », les 5e et 6e sont plus grandioses et patriotiques, la 7e est une des plus lyriques et mélodieuse. Le concerto pour piano N.1 est de structure classique et de forme cyclique avec des thèmes qui reviennent dans les différents mouvements, le 2e est plus sombre et dramatique.

Le ballet « Romeo et Juliette » est une des œuvres les plus connues par sa richesse mélodique et rythmique, dont l’un des morceaux les plus célèbres est l’entêtante « danse des chevaliers ». Dans l’opéra « L’amour des trois oranges », la fameuse marche a obtenu un succès mondial. La musique du film « Alexandre Nevsky » est riche d’une orchestration vigoureuse, jugée par le cinéaste Eisenstein « miroitante d’images triomphales ».

Le célèbre conte musical pour enfants « Pierre et le loup » est d’une approche très accessible. Pierre est représenté par une belle mélodie au quatuor à cordes, l’oiseau par la flute, le canard par le hautbois, le chat par la clarinette, le loup par les cors, le grand-père par les bassons et les chasseurs par les bois et les cuivres.

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Dimitri Chostakovitch

dimitrichostakovitchIssu d’une famille de « l’intelligentsia » russe, il naquit à Saint-Petersbourg en 1906, entra au Conservatoire en 1919 et donna des concerts de piano, jouant des œuvres de Beethoven, Schumann, Chopin et Liszt. Il composa son premier trio pour piano en 1923 et sa 1e symphonie en 1926, l’année suivante, sa 2e symphonie qui lui fut commandée par le gouvernement pour commémorer l’anniversaire de la Révolution russe. Entre 1930 et 1934, furent créés deux opéras: « Le Nez » d’après Gogol et « Lady Macbeth de Mtsensk », qui obtinrent un grand succès. Mais en 1936, parut un article dans la « Pravda », peut-être dicté par Staline, « Le chaos remplace la musique », dans lequel était critiquée la musique de « Lady Macbeth », faite de « tintamarre, grincements, glapissements ». Entre 1929 et 1943, Chostakovitch composa six autres symphonies, dont la 7e, dite « Leningrad » et la 8e, parfois appelée « Stalingrad », ainsi que des quatuors à cordes. En 1947, il composa son 1er concerto pour violon et successivement, jusqu’à sa mort en 1975, sept autres symphonies, jusqu’à sa dernière, la 15e et un grand nombre de quatuors, jusqu’au 15e aussi.

L’œuvre de Chostakovitch occupe une place particulière dans la musique du XXe siècle, parce qu’elle semble être plus appréciée par le public, que la plus grande partie des œuvres de ce siècle. Dans les sonates pour piano, on remarquera le « futurisme » de la 1e sonate, suivi par le néo-classicisme des vingt-quatre préludes pour piano, au langage bien diversifié, écrits en hommage à Bach. Dans les symphonies, la 5e est une des plus souvent jouées, la 6e est tendue et mystérieuse, la 7e, nommée « Leningrad » car elle célèbre la résistance russe à l’invasion allemande durant la seconde guerre mondiale, avec son troisième mouvement « adagio » douloureux et son « allegro » final triomphant. La 8e est un hommage aux morts de la guerre et d’une manière plus dissimulée, aux victimes du stalinisme. Elle reprend des thèmes d’œuvres antérieures. La 10e est une des plus énigmatiques avec son ampleur architecturale, l’explosion des deux mouvements centraux et son « allegro » final triomphant. La 11e traite des évènements de 1905 et du « dimanche rouge » dans un langage traditionnel avec usage de polyphonie et des emprunts à des chants révolutionnaires. La sombre 14e est inspirée par les « chants et danses de la mort » de Moussorgsky, écrite pour voix et cordes avec percussion.

Le 1er concerto pour violon contient une passacaille, forme déjà utilisée dans la 8e symphonie.

Le 2e concerto pour violoncelle est une de ses œuvres concertantes majeures avec toutefois moins de virtuosité que le 1er, dans lequel le compositeur a introduit dans le finale, une mélodie russe favorite de Staline, qu’il a traitée avec ironie.

L’opéra « Lady Macbeth de Mtsensk » raconte l’histoire d’une femme qui tombe amoureuse d’un employé de son mari, qui s’avérera impuissant. Il fut interdit par Staline, à cause du « flot de sons intentionnellement discordants et confus ». D’autres œuvres connues sont les deux « Suites pour orchestre de jazz« , dont la célèbre « valse » utilisée dans un court-métrage publicitaire et connue du grand public.

D’autres compositeurs

Serge Rachmaninoff (1873-1943), né près de Novgorod en Russie, il entra au Conservatoire de Saint-Petersbourg en 1882, rencontra Tchaïkovski, composa un 1er concerto pour piano et un prélude pour piano, à l’âge de vingt ans. Son œuvre la plus célèbre, le 2e concerto pour piano et orchestre en do mineur, fut créé à Moscou, en 1901 et remporta un grand succès. Il est de style romantique, sans aucune concession à l’atonalité avec des motifs mélodieux dans ses différents mouvements dont le troisième est de caractère rêveur et nostalgique. En 1909, il composa un 3e concerto pour piano en ré mineur, considéré comme l’un des plus difficiles pour le soliste. En 1917, lors de la Révolution russe, il émigra aux Etats-Unis, où il resta jusqu’à sa mort. C’est là qu’il composa en 1934, la « Rhapsodie sur un thème de Paganini » qui est une série de variations sur le caprice N.24 pour violon seul de Paganini.

Aram Khatchaturian (1903-1978), compositeur d’origine arménienne, né à Tbilissi en Géorgie, fut professeur au Conservatoire de Moscou, composa en 1932, un trio pour clarinette qui fut remarqué par Prokofiev. En 1940, son concerto pour piano et orchestre, le rendit célèbre. Il a aussi composé un concerto pour violon, un concerto pour violoncelle et trois symphonies, mais son œuvre la plus connue est le ballet « Gayaneh » qui contient la célèbre « danse du sabre ».

Europe Centrale

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Bela Bartok

belabartokCompositeur hongrois, né dans une petite ville du Sud de la Hongrie en 1881, de parents musiciens amateurs, il fit ses études musicales à Bratislava, puis à Budapest, nourri de la musique de Bach et des romantiques germaniques. Il fut enthousiasmé par l’audition, en 1902, du poème symphonique « Ainsi parlait Zarathoustra » de Richard Strauss. A partir de 1905, il fit avec Zoltan Kodaly, des recherches sur les musiques populaires hongroise et roumaine. En 1907, il commença à enseigner le piano à l’Académie royale de Budapest et deux ans plus tard, il épousa une de ses élèves. En 1911, il composa son unique opéra « Le château de Barbe-bleue » et deux musiques de ballet « Le Prince des bois » (1916) et « Le Mandarin merveilleux » (1919). Entre 1917 et 1927, parurent quatre quatuors à cordes qui sont parmi ses œuvres les plus importantes. Il ne supporta pas de voir sa Hongrie tomber sous la dépendance nazie et en 1940, il partit aux Etats-Unis où il devint docteur honoris causa à l’Université de Columbia. Il composa un « concerto pour orchestre », un 3e concerto pour piano, mais sa santé s’étant dégradée, il mourut à New-York en 1945.

Œuvres: Des six quatuors à cordes, les trois derniers ont une structure plus complexe que les précédents et comportent un ou deux mouvements supplémentaires. Une autre œuvre de musique de chambre est la « Sonate pour deux pianos et percussion », originale par sa conception, qui requiert deux pianos et des instruments de percussion: xylophone, cymbales, tambour… Son unique opéra « Le château de Barbe-bleue » inspiré du conte de Perrault, est influencé par « Pelléas et Mélisande » de Debussy. C’est une œuvre aux symboles nombreux, dominée par le thème du sang et où la tension monte jusqu’au paroxysme.

Le « Mandarin merveilleux » est un ballet inspiré d’un conte chinois, au sujet érotique et qui fit scandale à l’époque, en Hongrie. Ecrit pour grand orchestre symphonique, il est riche en sonorités et en rythme. La « Musique pour cordes, percussion et célesta » est riche en invention rythmique avec une fugue initiale qui frise l’atonalité et un final inspiré de la musique paysanne.

D’Autres Compositeurs

Zoltan Kodaly (1882-1967), compositeur hongrois, entra à l’Université de Budapest, devint l’ami de Bartok, écrivit une Messe, à l’âge de six ans. Il composa une « sonate pour violoncelle seul » en 1915. Ses œuvres principales sont le « Psalmus hungaricus » pour ténor, chœur et orchestre sur le texte du Psaume N.55. L’opéra « Hary Janos » en forme de « singspiel », c’est à dire avec un dialogue parlé. Il est aussi l’auteur de quatuors et de sonates pour violoncelle.

Ernest von Dohnanyi (1877-1960) compositeur hongrois, connut Bartok, reçut le soutien de Johannes Brahms pour la diffusion de son quintette pour piano, à Vienne, devint chef d’orchestre et directeur de l’Académie musicale de Budapest en 1919 et partit aux Etats-Unis après la seconde guerre mondiale pour enseigner la musique à l’Université de Floride.

Leos Janacek, compositeur tchèque né à Ostrava en 1854, il étudia dans un monastère de Brno, puis à Prague, Leipzig et Vienne. En 1874, il fit la connaissance d’Antonin Dvorak et les deux musiciens devinrent amis. Son opéra le plus célèbre, « Jenufa » fut représenté une première fois à Brno en 1903, puis repris à Prague en 1916, avec un grand succès qui lui valut une reconnaissance internationale. Sa musique est complexe dans ses rythmes, influencée par le folklore de son pays. Une autre œuvre connue de Janacek est sa « Sinfonietta » composée en 1926.

Bohuslav Martinu, compositeur tchèque né à Policka en 1890, étudia le violon au Conservatoire de Prague et fut engagé à l’Orchestre philharmonique tchèque en 1920, mais trois ans plus tard, il se rendit à Paris pour étudier la musique avec Albert Roussel. En 1940, il partit aux Etats-Unis où il composa la plus grande partie de ses œuvres orchestrales, dont six symphonies, des concertos pour piano, violon et violoncelle, des quatuors à cordes et de la musique pour piano. Il retourna à Prague en 1951, mais il passa le reste de sa vie en France, à Nice puis en Suisse où il mourut en 1959.

Georges Enesco (1881-1955) compositeur roumain, montra très jeune des dons pour la musique, fut envoyé à Vienne dès l’âge de sept ans, puis au Conservatoire de Paris en 1895, où il perfectionna ses études musicales avec Massenet et Fauré. Il composa des morceaux de piano et de musique de chambre, le « Poème roumain » (1898), des « Rhapsodies roumaines » (1901), la « Sonate pour violon et piano dans le caractère populaire roumain » (1926) et un opéra « Oedipe » (1930). Après la seconde guerre mondiale, il quitta la Roumanie devenue communiste et s’installa à Paris, où il resta jusqu’à sa mort. Sa musique est inspirée par le folklore roumain, mais on y décèle aussi les influences françaises de Fauré et Debussy et les influences allemandes de Brahms et Richard Strauss.

Gyorgy Ligeti (1923-2006) compositeur roumain naturalisé autrichien après son installation à Vienne en 1967, auteur d’une œuvre très diverse pour piano, orchestre, formation de chambre et opéra. Sa musique a été fréquemment utilisée par le cinéaste Stanley Kubrick dans ses films.

Krzysztof Penderecki, compositeur polonais, né près de Cracovie en 1933, remporta le premier prix du concours de composition de Varsovie, en 1959. Son œuvre, de caractère plutôt atonal, comprend des morceaux d’inspiration religieuse (Passion selon Saint Luc, Magnificat, Requiem polonais), des concertos pour violoncelle et orchestre, pour alto et orchestre et sept symphonies.


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19 Responses to “Chapitre 24: XXe Siècle Suite”

  1. Ulis Le Burnold. 27 février 2010 at 21 h 19 min # Répondre

    Vous ne parlez pas beaucoup de Rachmaninov, c’est dommage car il me paraît être plus important que Tchaïkovski, auquel vous consacrez beaucoup de lignes. Mais c’est un avis personnel.

  2. Françoise (40) 27 février 2010 at 23 h 49 min # Répondre

    Bonsoir Ulis.
    Heureuse de vous retrouver chez notre ami Roberto.
    Rachmaninov plus important que Tchaikovski ? Plus important à quel point de vue ?
    Pour ma part, j’ai une nette préférence pour Tchaikovski (même si je reconnais à Rachmaninov quelques jolies oeuvres). Je trouve plaisir à écouter une grande majorité de son « répertoire », ce qui est loin d’être le cas avec votre « protégé ». Mais – comme vous dites – c’est un avis personnel.
    Bonne soirée.
    Cordialement.
    Françoise

  3. Ulisi Le Burnold. 28 février 2010 at 21 h 38 min # Répondre

    Je m’explique: je respecte votre avis, mais, à l’étude des partitions je trouve que le langage harmonique de Rachmaninov me paraît très avancé, mais il est tellement naturel, comme celui de Puccini (ou de Mozart, si vous voulez), qu’il semble simpliste, musique de film, ce qui n’est pas le cas. Mais Tchaikovsky a composé des morceaux magnifiques comme le 1er concerto pour piano, le concerto pour violon, les symphonies, Eugène Onéguine…. (mais pas les ballets.).

  4. Livadiotti Roberto 1 mars 2010 at 0 h 26 min # Répondre

    Je suis agréablement surpris de constater que de nouveaux venus comme Ulis,dont j’ai apprécié les remarques sur le site de RC,soient intervenus sur mon site.Comme Françoise,je préfère Tchaikowski et meme Rimski-Korsakov à Rachmaninov que je trouve assez « hollywoodien ».Mais je n’aime pas trop le 1er concerto pour piano de Tchaikowski.J’ai une préférence pour sa 5e symphonie,son « Romeo et Juliette » et « L’ouverture de 1812″.

  5. Françoise (40) 1 mars 2010 at 10 h 12 min # Répondre

    Ah ! L’Ouverture de 1812 ! Vous vous souvenez peut-être, Roberto, que c’est une de mes oeuvres préférées (de très, très lointains souvenirs …). Nous ne l’entendons que trop rarement. Je ne sais pas à quoi est dû son manque de succès.
    Bonne journée. Très amicalement.
    Françoise

  6. Livadiotti Roberto 1 mars 2010 at 21 h 33 min # Répondre

    Françoise,encore une fois,nous nous accordons.Merci pour votre envoi du résumé de « La Fanciulla del West » de Puccini,que je ne connais pas.Vous etes une de nos plus fidèles et assidues amies et correspondantes.Bonne soirée.
    Roberto.
    PS:à l’adresse d’Ulis,peut-etre que Rachmaninov gagne à etre mieux connu.Vous avez apprécié le dernier mvt de la 3e symphonie avec orgue de Saint-Saens?Moi aussi.

  7. Ulis le Burnold. 7 mai 2010 at 21 h 17 min # Répondre

    Le seul compositeur de ce chapitre que j’e n’aime pas est Chostakovitch.
    Si je ne viens plus sur le site d’Olivier Bellamy, c’est que j’en ai eu marre de cet individu tellement imbu de lui-même qu’il parlait de lui à la troisième personne en critiquant l’opéra italien. Vous voyez de qui je parle? Certains appelerons cela de l’humour. Et puis, la censure Bellamyenne supprimait tous mes messages un peu critiques envers l’émission. Alors….

  8. Livadiotti Roberto 8 mai 2010 at 9 h 43 min # Répondre

    Vous avez raison de ne pas aimer ce monsieur,je vois de qui vous parlez et le site de Bellamy censure souvent des messages par le Word Press. C’est agaçant!Mais vous etes le bienvenu sur mon site.

  9. Françoise (40) 8 mai 2010 at 11 h 55 min # Répondre

    Ulis, je vous comprends …
    « l’individu tellement imbu de lui-même qu’il parlait de lui à la troisième personne en critiquant l’opéra italien… », j’ai fini, dans un premier temps par ne lire ses discours qu’en diagonale, pour complètement arrêter ! Son obstination à critiquer les opéras italiens devenait aissi stupide qu’insupportable. Il n’a d’ailleurs pas répondu – lui si bavard – à mon message où je lui disais – mi-figue mi-raison – de « changer de disque ». Peut-être ne l’a t-il pas lu.
    Chostakovitch, en fait, je ne le connais pas bien. A part « la Valse » que l’animateur du mariage de notre fille ainée avait conseillée (pub à la TV = tout le monde connaissait.
    Allez, je cesse mes bavardages et vous souhaite un excellent week-end.
    Françoise
    P.S. Pour vous aussi, Roberto et Aline. Je vous embrasse.

  10. Françoise (40) 8 mai 2010 at 11 h 55 min # Répondre

    « mi-raisin » bien sûr !

  11. Livadiotti Roberto 8 mai 2010 at 16 h 01 min # Répondre

    Je n’aime pas non plus Stravinski et Bartok,mais peut-etre faut-il essayer de les écouter un peu plus,mais je crois que je ne changerai pas trop d’avis à leur sujet.Quant à Prokofiev,il y a pt etre qqes pièces à mieux connaitre de lui,comme Alexandre Nevski…Pour le moment,je connais surtout sa « Symphonie classique » et « Pierre et le loup ».Bonne soirée à Françoise et à Ulis.

  12. Ulis le Burnold. 8 mai 2010 at 18 h 40 min # Répondre

    Si vous voulez découvrir Stravinsky et surtout vraiment l’apprécier, je vous conseille Pétrouchka interprété par Weissenberg, dans une très belle « mise en scène » toute en jeu de lumières qui a merveilleusement bien capté l’esprit de Stravinsky. (disponible en DVD) Impossible après de dire que vous n’aimez pas au moins ce Stravinsky. Et sinon, avez-vous déjà écouté du Hindemith? Ludus Tonalis? Un grand classique.

  13. Livadiotti Roberto 8 mai 2010 at 21 h 30 min # Répondre

    J’ai écouté des extraits de Petrouchka et de Pulcinella,peut-etre avec pas assez d’attention. Je crois que je pourrais apprécier sans trop de passion,mais je vais essayer de m’y mettre.Je n’ai pas encore écouté du Hindemith avec attention.Peut-etre « Mathis der Maler »? J’ai fait un peu mieux connaissance avec Ravel que je connaissais moins que Debussy.Qu’est-ce que Ludus Tonalis?

  14. Ulis le Burnold. 9 mai 2010 at 11 h 33 min # Répondre

    Ludus Tonalis, c’est le clavier bien tempéré du XXème siècle, en mieux que l’original.

  15. Françoise (40) 16 mars 2011 at 22 h 47 min # Répondre

    Lors de la rediffusion de PC ce soir, j’ai entendu la Symphonie n° 11 « 1905″ choisie par l’invité (mort hier). Je ne l’ai vraiment pas trouvée extraordinaire. C’est pour cette raison que je suis venue sur votre page, cher Roberto, pour voir ce que vous en disiez… J’ai vu !
    Je vous embrasse.
    Françoise

  16. Roberto Livadiotti 18 mars 2011 at 23 h 14 min # Répondre

    Chère Françoise,je viens de lire votre commentaire sur ce que j’ai écrit sur la 11e Symphonie de Chostakovitch. Je ne me souviens plus d’où je me suis documenté pour cela.Comme vous,je ne l’ai pas beaucoup appréciée.Je suis content que tous les anciens commentaires de mes lecteurs et surtout des amies comme vous aient reparu. Bonne soirée,je vous embrasse.
    Roberto

  17. Roberto Livadiotti 18 mars 2011 at 23 h 14 min # Répondre

    Chère Françoise,je viens de lire votre commentaire sur ce que j’ai écrit sur la 11e Symphonie de Chostakovitch. Je ne me souviens plus d’où je me suis documenté pour cela.Comme vous,je ne l’ai pas beaucoup appréciée.Je suis content que tous les anciens commentaires de mes lecteurs et surtout des amies comme vous aient reparu. Bonne soirée,je vous embrasse.
    Roberto

  18. Françoise (40) 19 mars 2011 at 15 h 00 min # Répondre

    Merci pour votre réponse cher Roberto. Je vous souhaite, ainsi qu’à votre famille, un excellent week-end. Je vous embrasse.
    Françoise

  19. Roberto Livadiotti 17 juin 2011 at 21 h 56 min # Répondre

    Thank you Kander for your message. I appreciate.

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